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 Washington : Discours du President Vaclav Klaus

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James B. Lewis
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Admirez-vous des politiciens ? : Nathan Sharansky.
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Date de naissance et âge: 29 novembre 1967. 41 ans
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MessageSujet: Washington : Discours du President Vaclav Klaus   Ven 12 Oct - 18:33



Vaclav Klaus est Président de la République Tchèque depuis 2003. Il a été auparavant premier ministre et ministre des finances de son pays après que celui-ci se soit délivré du totalitarisme communiste. Il n’a cessé, au fil du temps, d’être l’un des grands défenseurs des idées de liberté en Europe et dans le monde. Nous publions ici la version française d’une conférence qu’il a prononcé à Washington, au Cato Institute, au mois de mars 2007.

TROIS DEFIS POUR LA LIBERTE

Je viens ici en tant que Président de la libre République tchèque, un pays qui a réussi, voici plus de dix sept ans, à se débarrasser du communisme, un pays qui a rapidement, calmement, sans accrocs et sans dépenses inutiles, surmonté son passé communiste et qui est devenu une démocratie parlementaire européenne et une économie de marché, un pays qui fait partie intégrante du monde libre, membre de l’OTAN et de l’Union Européenne et ami fidèle des Etats-Unis.
Chacun de nous a en tête une liste de problèmes et de défis qu’il considère, sur la base de son expérience, de sa sensibilité, de ses préférences ou de ses priorités, cruciaux et décisifs. Je vais révéler ici trois défis qui sont sur ma propre liste. Ils sont tous reliés à un élément qui était absent tandis que je vivais ma vie pendant l’ère communiste.
L’élément auquel je pense est bien sûr la liberté, une valeur que les Américains placent très haut et à laquelle ils accordent un grand prix, bien qu’ils n’aient pas expérimenté personnellement son absence ou son inexistence. Le fait d’avoir du vivre sous le communisme me donne une sensibilité toute particulière, voire une hypersensibilité, face aux menaces pour la liberté.
Où vois-je les principales menaces pour la liberté au vingt-et-unième siècle ? Je ne parlerai pas ici de ce qui fait les gros titres des journaux ou de nos principaux ennemis extérieurs tels que les Taliban, al Qaida et plus généralement l’islam radical, car je n’ai rien de spécial à ajouter à ce qui a été dit sur ce sujet et sur le terrorisme, et je ne veux pas me contenter de répéter des faits et des arguments bien connus. Il me suffira de dire que notre capacité d’aller de l’avant et de faire face aux dangers extérieurs dépend dans une large mesure de nos convictions, de notre cohérence, de notre force intérieure et de l’aptitude à agir qui en découle.
Je considère qu’il est plus important pour moi de parler de nos défis intérieurs, et trois d’entre eux sont, selon moi, les principaux défis de notre époque.

LE NEO-ETATISME
Le premier défi est lié au communisme. La République tchèque, comme tous les autres anciens pays communistes, a connu une période de transition difficile. Nous en sommes venus à comprendre très vite que nous devions concevoir la transition nous-mêmes, car il nous était impossible d’importer les éléments nécessaires de l’étranger. Nous en sommes venus à discerner qu’un changement aussi fondamental ne pouvait être un exercice d’économie appliquée, mais un processus d’évolution humaine, et que nous devions trouver nous-mêmes notre propre voie, la « voie tchèque » vers une économie et une société susceptibles de fonctionner efficacement.
Au cours des quinze dernières années, j’ai de nombreuses fois parlé de ce processus de transition, de ses coûts, de ses avantages, de ses accomplissements et des difficultés rencontrées. Maintenant que la transition est achevée, nous faisons face à un problème différent. Nous avons réussi à nous débarrasser du communisme, mais nous découvrons que nous avions tort de penser que les tentations de supprimer la liberté, de réglementer, de contrôler et d’organiser depuis le haut la société et l’économie, appartenaient au passé. Nous voyons, au contraire, que ces tentations n’ont pas disparu et sont toujours présentes. Je vois, personnellement, bien davantage d’exemples de ces tentations au sein de l’Union Européenne ou d’organismes internationaux que je n’en vois au sein des Etats-Unis, mais elles existent ici aussi.
Le motif de mes préoccupations est l’émergence de nouveaux « ismes » très populaires et très à la mode, et dont la finalité est de faire avancer à nouveau divers plans et projets contraires à la liberté et au respect de l’individu. Il y a ce que j’appellerai le « social-démocratisme », qui n’est rien d’autre qu’une version atténuée du communisme, et il y a le « droits de l’hommisme » qui est basé sur l’idée que des droits positifs devraient être appliqués uniformément, indépendamment de toute autre considération, partout dans le monde. Il y a aussi le multiculturalisme, l’européisme, le féminisme, l’écologisme et d’autres idéologies de ce genre.
Le communisme est mort, mais les tentatives de gouverner autoritairement d’en haut sont toujours là, ou elles sont de retour.

L’EUROPEISME
Le second grand défi que je vois est lié à notre expérience avec l’Union Européenne, mais il va bien au delà de l’Europe, car il fait partie d’une tendance plus large au démantèlement des Etats-nations, à un supranationalisme planétaire et à une gouvernance globale. La sensibilité qui est la mienne me fait regarder d’un œil critique de nombreux traits inhérents à l’Europe qui se construit. Mes opposants semblent ne pas entendre mes arguments. Ils rejettent a priori les idées qu’ils n’aiment pas.
Comprendre mes critiques implique de connaître les développements de l’Europe, la transformation qui l’a faite passer d’une communauté de nations coopérant volontairement à une union supranationale forcée de nations non souveraines.
J’ai toujours été en faveur d’une coopération amicale et pacifique, source d’enrichissements mutuels, et d’une coopération étroite entre pays européens. J’ai toujours été rétif face aux avancées vers une Europe plus étroitement unie (ce qu’on appelle l’approfondissement de l’Europe), face à l’intégration politique rapide et aux tendances supranationales de l’Europe dès lors qu’elles ne sont pas sous-tendues par une authentique identité européenne ou par un peuple européen, et sont, en ces conditions, dangereuses pour la démocratie et la liberté.
La liberté et la démocratie qui nous sont chères ne peuvent être assurées sans l’existence d’une démocratie parlementaire définie, sur un territoire lui-même clairement défini. C’est exactement ce fonctionnement démocratique défini sur un territoire défini que les élites politiques européennes et leurs compagnons de route tentent d’éliminer.

ENVIRONNEMENTALISME
Je vois la troisième menace pour la liberté individuelle dans l’environnementalisme. Je comprends les préoccupations qu’on peut avoir face aux dégradations de l’environnement, mais je vois aussi les problèmes découlant de l’idéologie environnementaliste qui s’élabore.
L’environnementalisme ne fait que prétendre s’occuper de l’environnement. Derrière la terminologie douce et amicale envers la nature qu’ils emploient, les adeptes de l’environnementalisme tentent en fait de transformer radicalement le monde, les sociétés humaines, les comportements et les valeurs.
S’il ne fait aucun doute qu’il nous faut protéger rationnellement la nature et penser aux prochaines générations, il est clair que les adeptes de l’environnementalisme nous présentent des scénarios catastrophiques avec l’intention de faire peur et de nous persuader de mettre en œuvre leurs idées. Ce n’est pas seulement malhonnête, mais extrêmement dangereux. Le cœur du danger étant, selon moi, l’apparence pseudo scientifique qu’ils donnent à leurs soi disant prévisions, sans cesse réfutées à mesure qu’elles sont énoncées.

Quels sont les préjugés, les erreurs et les croyances qui fondent l’idéologie environnementaliste ?
-Un refus de comprendre le rôle et le fonctionnement du libre marché et une croyance aveugle en l’omnipotence du dirigisme étatique.
-Un mépris envers le rôle que des mécanismes économiques importants et puissants, tels que les droits de propriété et les prix, peuvent avoir dans une protection efficace de la nature.
-Une incompréhension de la différence entre ressources naturelles potentielles et ressources naturelles réelles et utilisables dans l’économie. Un pessimisme malthusien envers le progrès technique.
-Une croyance en la prédominance des externalités négatives dans les activités humaines.
-Une mise en avant du principe de précaution qui s’obnubile sur l’aversion envers le risque, sans prise en compte des coûts.
-Une surestimation de la croissance des avantages à long terme susceptible de résulter d’un accroissement de la demande de protection environnementale et son démontrés par la courbe de Kuznets.
-Des calculs erronés concernant le futur, dont le rapport Stern présenté voici quelques mois constitue l’exemple flagrant.

Toutes ces croyances erreurs et préjugés proviennent des sciences sociales, et pas des sciences de la nature. C’est pour cela que l’environnementalisme, à la différence de l’écologie scientifique, peut être classé dans la catégorie des idéologies. Cette réalité n’est cependant pas comprise par de nombreuses personnes, dont une majorité de politiciens.
L’hypothèse du réchauffement global et du rôle des êtres humains dans celui-ci est la dernière, et à ce jour la plus puissante, incarnation de l’idéologie environnementaliste. Elle a apporté de nombreux avantages importants aux environnementalistes.

-Une analyse empirique du phénomène du réchauffement global est très difficile à mener en raison de la complexité du climat global, et du mélange en celui-ci de composants relevant du court, du moyen, et du long terme. L’argumentation des environnementalistes n’est pas basée sur de simples mesures empiriques ou des expériences de laboratoire, mais sur des modèles élaborés fonctionnant à partir de présupposés mal fondés qui sont le plus souvent dissimulés, ce qui n’est pas dit suffisamment.

Les opposants à la théorie du réchauffement global doivent comprendre, qui plus est, que nous sommes dans un monde sensationnaliste : les gens tendent à remarquer les phénomènes climatiques extraordinaires, pas les développements normaux et les processus qui s’inscrivent dans la moyenne et la longue durée.

Je n’entends pas ici procéder à une réfutation d’ensemble de l’hypothèse du réchauffement global. Ce que je pense devoir faire est protester contre les efforts de manipulation des environnementalistes. La mise en œuvre de leurs recommandations nous reconduirait vers l’ère révolue de l’étatisme et de l’abolition de la liberté individuelle. Notre devoir le plus urgent est de tracer une ligne de séparation claire entre l’environnementalisme idéologique et l’écologie scientifique.

http://www.turgot.org/sites/turgot/article/article.php/article/liberte_environnement
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