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 Le point sur l’Armée irakienne, décembre 2007

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Jake

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MessageSujet: Le point sur l’Armée irakienne, décembre 2007   Ven 14 Déc - 19:18


Notre équipe a récemment découvert différents documents qui nous permettent d'avoir une vision plus précise de l'Armée irakienne actuelle et de sa courte histoire. Il nous parait important de vous communiquer ces informations et c'est ce que nous nous efforçons de faire ici. Le document le plus important est le rapport du Comité des services militaires de la Maison des Représentants du 27 juin 2007 (http://armedservices.house.gov/pdfs/OI_ISFreport062707/OI_Report_FINAL.pdf).


Un bref retour en arrière est nécessaire. Le 23 mai 2003, l'Autorité provisoire de la coalition dissout l'Armée irakienne et le ministère de la défense. Ces mesures sont prises dans le cadre de la politique de débaasification, elles ont pour but d'exclure de la vie publique irakienne des structures et des hommes qui ont participé aux crimes de l'ancien régime. Dans l'absolu ces mesures sont donc bonnes et on verra qu'elles auront par la suite des conséquences salutaires et que l'on peut dire qu'elles sont une constituante majeure de l'établissement actuel d'une démocratie en Irak sur des bases saines.

Cependant en 2003 l'Armée américaine n'a pas réellement de plan pour reconstruire l'Armée irakienne. D'ailleurs ce n'est pas vraiment la priorité, on pense que la situation sera contrôlée par des forces de police recrutées localement. L'Autorité provisoire de la coalition fait appel à une société extérieure (Vinnell Corporation) pour former et entraîner une Nouvelle armée irakienne de 44'000 hommes. Celle-ci, forte de 3 divisions, aurait pour mission de protéger l'Irak des menaces extérieures. En outre, pour assurer la sécurité intérieure un Corps irakien de défense civile -- qui deviendra la Garde nationale irakienne lors du rétablissement de la souveraineté nationale -- est recruté localement et placé sous le commandement des unités de la coalition.

Mais la situation en Irak est plus difficile que prévu, et lors de la bataille de Falludjah en avril 2004 un bataillon de la nouvelle armée irakienne -- qui devait au départ protéger l'Irak des menaces extérieures -- refuse de se battre contre d'autres Irakiens. La coalition prend alors des mesures pour réorganiser les Forces de sécurité irakiennes (FSI) et c'est à ce moment là que le général David Petraeus (qui est aujourd'hui le commandant en chef en Irak et dont nous avons déjà parlé) prend le commandement du MNSTC-I (Multi-National Security Transition Command - Iraq), le Commandement multinational pour la transition de la sécurité en Irak, dont la tâche est de former, entraîner, conseiller et équiper les FSI.

A la suite d'un certain nombre de problèmes concernant l'engagement des Forces irakiennes (Nouvelle armée irakienne et Garde nationale, qui n'étaient pas au départ prévues pour combattre des Irakiens) la décision est prise de les réorganiser en une Force objective de contre insurrection. La Garde nationale, dont les unités étaient au départ prévues pour opérer uniquement dans leurs régions d'origine, est dissoute en janvier 2005. Les dix divisions que nous connaissons sont alors crées, il est intéressant de connaître le détail de cette création, c'est ce que nous allons vous conter ici.

La Nouvelle armée irakienne (qui devait comprendre au départ 3 divisions) a servi de bases aux 1e (est de la province d'Al-Anbar), 3e (Ninive) et 5e (Diyala) divisions, ainsi qu'a la 9e (Nord de Bagdad) division mécanisée, ces divisions sont donc parfaitement multiethniques et multiconfessionnelles et composées dès le départ de soldats qui veulent se battre pour l'Irak et adhèrent à la vision d'un Irak fédéral et multiethnique. Aujourd'hui l'Armée irakienne est standardisée sur un format de 13 divisions à 4 brigades de 3 bataillons de combat (http://www.longwarjournal.org/oob/index.php). Les divisions ont une implantation régionale, chacune étant responsable d'un secteur donné, cependant le recrutement est maintenant standardisé au niveau national, plusieurs écoles et centre d'entraînement forme les soldats et les officiers, qui sont ensuite dispatché dans les unités à travers tout le pays. Le système de formation est d'ailleurs l'une des réussites les plus remarquables en Irak, il est à noter que l'Armée américaine possède une expérience certaine en ce qui concerne la mise en place de forces armées, elle l'a fait plusieurs fois aux Etats-Unis (1e et 2e guerres mondiales) et à l'étranger (Forces française en 1943, Bundeswehr des années '50, Forces d'autodéfense japonaises, Armée coréenne puis Armée vietnamienne).

La 1e division a été créée à partir de la Force d'intervention irakienne, qui s'appelait avant Force d'action nationale irakienne, ses unités sont donc composées de soldats qui sont prêts à aller partout en Irak. C'est ce qui explique que l'unité, actuellement stationnée à Falludjah, région sunnite, et bien que composée dans sa grande majorité de soldats chiites ou kurdes, se soit très bien adaptée et soit acceptée par la population. Elle se bat pour l'Irak et pour tous les Irakiens, quelques soient leur ethnie ou religion. Elle est aujourd'hui composée de 3 brigades, la 4e ayant rejoint la nouvelle 11e division. Mais une nouvelle 4e brigade doit être formée début 2009.

La 3e division qui fait face à la Syrie et compte encore seulement 3 brigades (la 4e est prévue mi-2008) est en train de devenir une très bonne unité qui servira probablement de base à de futures expansions. La 5e division (elle a aussi 3 brigades, la 4e sera formée début 2008) est déployée dans la région difficile de Diyala, c'est la région entre Bagdad et la frontière iranienne, une zone où les différents éléments insurgés (Al-Qaïda en Irak ou les extrémistes chiites) peuvent disposer du soutien direct de l'Iran et de ses forces spéciales (Qods) et qui pour ces terroristes et les Iraniens ne doit surtout pas être contrôlée par les FSI, or les Irakiens sont en train de gagner. Les régions de Diyala, Salah ad-Din, Kirkuk et du sud-est de Bagdad font l'objet de nombreuses opérations des FSI et de la Coalition dans le but de démanteler les réseaux et d'interrompre le soutien iranien. La 9e division qui est en train de devenir blindée a toujours eu un recrutement national et multiconfessionnel, elle fait partie des unités modèles et ses brigades sont déployées à Bagdad et à Bassora.

Les autres divisions ont elles été créées à partir de la Garde nationale, elles ont donc un caractère local plus marqué et ont parfois des liens avec les groupes qui souhaitent la partition de l'Irak. Les plus anciennes unités constituées ont le plus de mal à se fondre dans le moule d'une armée nationale, multiethnique et pluriconfessionnelle, qui défend l'Irak et sert son peuple. Mais les jeunes officiers qui sortent des écoles et les nouvelles brigades qui sont créent ex nihilo apportent avec eux l'esprit d'une nouvelle armée irakienne au service de la nation.

La 2e division, qui compte 4 brigades à 4 bataillons chacune, bien qu'elle soit une unité très expérimenté au niveau militaire (puisque composée d'anciens Peshmergas qui ont une grande expérience des combats), présente certaines caractéristiques décrite ci-dessus. Elle est composée des unités de l'ancienne Garde nationale des provinces de Dahuk et Abril, des unités quasi-exclusivement kurdes et très marquées au niveau identitaire. Les unités appartenant à cette division et qui ont été déployées à Bagdad ou dans d'autres régions en 2004 ou 2005 avaient rencontré quelques problèmes avec les populations locales. Cependant ces problèmes identitaires s'effacent au fur et à mesure que les nouvelles recrues et les nouveaux officiers viennent compléter les effectifs.

La 4e division (4 brigades à effectif complet), qui couvre les provinces de Salah ad-Din, Kirkuk et As-Sulaymaniya et qui a été formé avec les unités de la Garde nationale de ces provinces est elle plus multiculturelle et sert d'ailleurs de base à la formation de la nouvelle 12e division. C'est la région de l'actuel Président irakien, Jalal Talabani, il a fait le choix de jouer la carte d'un Irak multiethnique, et de nombreux officiers kurdes issus de ces provinces servent dans toute l'armée irakienne. Les deux unités vont recevoir des M-60 et des M-113 américains, elles constitueront sans conteste l'embryon d'un groupement mécanisé qui fera face à l'Iran. Mais cela ne sera réalisé qu'en 2009.

A l'ouest la 7e division (3 brigades, formation de la 4e en mars 2008) a été formé par les Marines à partir des unités de la Garde national d'Al-Anbar. Cependant comme ces unités sunnites n'avaient qu'une valeur militaire très limitée, la division a quasiment été formée seulement avec les jeunes recrues venues s'engager spontanément dans la nouvelle armée. C'est aujourd'hui une des meilleures unités irakiennes, elle a vaincu Al-Qaida en Irak (AQI) dans la province d'Al-Anbar (qui était pourtant une des régions où AQI était le mieux implantée) et maintenant des unités de la 7e division (comme les éclaireurs dont on a déjà parlé) opèrent au sud de Bagdad en appui des autres unités de l'armée irakienne et de la coalition.

A Bagdad, la 6e division a absorbé les différentes unités de la Garde nationale formées dans la capitale. C'est pourquoi elle avait des effectifs plus importants que les autres divisions (au départ 5 brigades à 5 bataillons), mais c'est aussi pourquoi certaines de ses unités étaient sujettes à caution. Une de ses cinq brigades a servit de base à la nouvelle 11e division et les problèmes de loyauté de la 6e division semblent maintenant résolus. Il est même question de transformer cette unité en unité d'élite type commando, plusieurs de ses brigades ont déjà été entraînées aux techniques d'assaut aérien avec les hélicoptères de l'Armée américaine et aux techniques avancées de combat d'infanterie. La nouvelle 11e division est en train d'être formée à partir d'une brigade de la 6e division et d'une autre de la 1e division, ses deux autres brigades sont mise sur pied, formées et entraînées au centre d'entraînement de Besmaya (banlieue de Bagdad) avec de nouvelles recrues, des officiers qui sortent des écoles et les équipements et armements américains les plus modernes, on peut noter que ces soldats reçoivent des M-16.

Le sud de Bagdad, de la région désertique de la frontière avec l'Arabie Saoudite jusqu'à la frontière avec l'Iran est la région où sont déployés la 8e division irakienne, les unités polonaises et géorgiennes. La 8e division a été formée à partir des unités locales de la Garde nationale, elle compte aujourd'hui 4 brigades -- la 3e est en fait la 1e brigade de la 10e division auparavant déployée à Bassora et redéployé à Kut pour des problèmes d'infiltration de l'unité par les milices chiites. Ces unités sont encore peu développées (une seule division couvrent un territoire important, et les brigades ne compte que 2 bataillons de combat) mais la coalition et les autres unités de l'Armée irakienne (notamment les 7e, 9e et 11e division) assurent un appui sans faille et il est probable que de nouvelles unités irakiennes seront formées dans ce secteur.

Enfin au Sud de l'Irak, sous responsabilité britannique, l'Armée irakienne était composée de la 10e division qui regroupait toutes les unités de ces régions rattaché avant à la garde nationale. Quelques problèmes au sein de ces unités ont amené la 1e brigade de la 10e division, stationné à Bassora et infiltrée par certains éléments extrémistes chiites, à être déplacée et devenir la 3e brigade de la 8e division basée à Kut. Une nouvelle division mécanisée, la 14e est en cours de formation à Bassora, elle a intégré l'ancienne 3e brigade de la 8e division et a le soutien de la 3e brigade de la 9e division qui est déployée actuellement à Bassora. Cette nouvelle unité est formée avec les méthodes éprouvées que l'on vient de voir et ne connaît pas de problèmes d'infiltration par des éléments extrémistes.

L'Armée irakienne compte donc actuellement 200'000 soldats et les forces du Ministère de l'intérieur 300'000. Le véritable renforcement est celui des FSI, chaque brigade de la Coalition retirée d'Irak sera remplacée par deux brigades irakiennes. Les soldats et les policiers irakiens sont volontaires, professionnels, ils combattent pour leur population, ils respectent les droits de l'homme. Beaucoup de femmes sont engagées dans ce combat où elles ont choisi le camp qui défend leurs intérêts. De nombreux témoignages de soldats et d'officiers expriment la gratitude de ces hommes à la Coalition et aux Etats-Unis. En 2003 George W Bush avait dit : "les peuples libres fixeront le cours de l'histoire et maintiendront la paix dans le monde", on est en train de le vivre en Irak.

Eric Cunat

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